
La rencontre de samedi dernier a réuni les adhérents du nautile (3), les professionnels du cybercentre (2), une représentante de la médiathèque de Guérande et un jeune amateur de musique. Nous avons confronté le système de gestion des médiathèque avec le mode de développement des Logiciels Libres, puis le débat s’est orienté sur les pratiques de copies de CD audio.
Après une brève présentation de l’association nautile, nous avons défini ce qu’était un logiciel libre (LL). Comme les médiathèques utilisent l’outil informatique pour administrer leurs collections, et l’organisation du prêt, nous avons échangés sur les enjeux de cette informatisation. En effet, les médiathèques utilisent un système de gestion qui dépend depuis quelques temps du système d’exploitation Windows. Le développement de ce logiciel est confié à un prestataire de service.
Nous sommes donc dans le cadre d’un ensemble logiciel complètement propriétaire qui répond à des exigences formulées par les conservateurs des médiathèque :
il doit se conformer à une norme ISO XXX, qui établit un standard utilisé par toutes les bibliothèques à une échelle quasi-internationale,
il doit être stable, et entretenu régulièrement par des développeurs professionnels, car les personnels des médiathèques n’ont pas les compétences pour cette tâche.

Du coup, il apparait que le mode de développement des LL est mal adapté à ces exigences, notamment en ce qui concerne la stabilité, et la facilité d’utilisation.
Pourtant, nous avons soulevés les risques inhérents au fonctionnement actuel.
Si le prestataire se retire du marché, quelles sont les garanties de pouvoir accéder :
d’une part au données enregistrées dans un format propriétaires,
d’autre part à la recette de fabrication du programme, protégé par des droits (faudra-t’il réinventer la roue ? )
L’atelier a servi à montrer la facilité d’utilisation des technologies qui permettent de copier une œuvre à partir d’un CD audio. Le système d’exploitation Linux offre des solutions qui n’ont rien à envier à leurs homologues propriétaires. Nous avons même montré que les protections apposées sur certains disques ne fonctionnent pas sous Linux, et permettent donc la copie sans restriction. Mais jusqu’à quand ? C’est pourquoi, nous avons abordé la nécessité de conserver des supports qui garantissent l’inter-opérabilité entre les supports d’écoute (chaine Hi-Fi, baladeur numérique, ordinateur, etc.) Or, la loi DADVSI, comme nous l’avons expliqué a tenté de restreindre cette interopérabilité, et les citoyens qui ont voulu s’y opposer ce sont fait confisquer le débat.
Mais l’absence de contrôle et la facilité technologique posent une autre question beaucoup plus intéressante, celle de la sur-consommation des œuvres. Pourtant aucun des participants ne s’est reconnu dans cette sur-consommation, mais nous avions des exemples de pratiques qui consistent à enregistrer des œuvres sans prendre le temps de les découvrir. La crainte pour certains, c’est d’en arriver à une culture jetable, qui ne favorise même pas la découverte face à un choix gigantesque. Pour d’autres, cette pratique d’enregistrement et de diffusion à tout crin, sert en fait à partager à un niveau international, des œuvres artistiques. Mais la notion de partage à été questionnée, puisque cette pratique n’induit aucune relation entre celui qui diffuse, et celui qui enregistre. Nous nous sommes donc mis d’accord sur le fait qu’il s’agissait plutôt d’une mise à disposition, d’une nouvelle forme d’archivage collectif. Cet archivage, qui ne dépend plus des institutions, interroge sur notre relation aux objets de culture. Ne serions nous pas en train de perdre la confiance dans la pérennité des objets. La crainte que notre CD soit abimé, perdu, etc. nous pousse à le copier de multiples fois. Ceci qui crée une profusion d’objets culturels à la disposition d’un très grand nombre. Mais comment s’y repérer ? Il y a donc un déplacement des besoins, de l’accès au support, vers l’orientation dans cette masse d’œuvres artistiques. Si les moteurs de recherches permettent d’affiner les recherches, il nous a semblé important de montrer que le rôle futur des médiathèque serait sans doute, d’aider le citoyens à découvrir, voir d’éduquer à la découverte de nouveaux champs artistiques.

L’autre question soulevée par l’absence de protection, se rapporte au mode de rémunération de ceux qui fabriquent des disques (artistes, producteurs, etc.) La médiathèque, comme le cybercentre payent une redevance à la SACEM, qui les autorise à diffuser de la musique en public, ou à utiliser du matériel de diffusion. Cet impôt profite-t’il à tous les artistes ? Par contre, le prêt de CD audio reste dans un contexte juridique très flou. En effet, le copyright apposé sur les CD, n’autorise aucunement le prêt. Finalement, c’est une tolérance de fait qui s’est établie, et qui a peu de chance d’être remise en question d’après la représentante de la médiathèque. Mais le copyright ne régit pas toutes les œuvres, et nous avons terminé ce débat en explorant les nouvelles formes de protections et de diffusion, notamment la licence Creative Commons, et le site Jamendo.
Merci pierrO pour ce compte-rendu. Le débat était intéressant et ces trois heures n’étaient pas trop longues. Dommages seulement qu’ont était si peu nombreux. Peut-être à cause du retour du beau temps en ce weekend presque printanier qui nous faisait concurrence ?
Je voulais ceci dit apporter quelques petites précisions à propos des systèmes de gestion informatisés des bibliothèques qui ont leur importance.
Tout d’abord, toutes les médiathèques n’utilisent pas des solutions logicielles propriétaires à base de Microsoft Windows. En ce qui concerne la médiathèque municipale de Guérande, d’après sa représentante le développement et la maintenance ce cet outil informatique est confié à un prestataire de service depuis 1997 (date à vérifier) et qui programme en langage ISP, une technologie de Microsoft qui impose de fonctionner sur un serveur Windows. Mais les ordinateurs qui consultent cette base de données n’ont nullement besoin d’être sous Windows également, même si c’est quand-même le cas pour d’autres raisons.
En effet, même si je n’ai pas cité PMB pendant le débat pour ne pas trop entrer dans les détails techniques (mais aussi parce que je ne me rappelais plus du nom), j’ai parlé de systèmes informatisé de gestions bibliothèques (SIGB) basé sur du logiciel libre (LL), et de sociétés de services en logiciel libre (SS2L) qui en sont des prestataires. C’est le cas de PMB Services qui développe PMB et qui installe et maintient ce logiciel pour des bibliothèques et les centres de documentations publics, privés ou d’entreprise et qui forme ses utilisateurs. Donc non, le logiciel libre n’est pas mal adapté aux exigences des utilisateurs d’outils informatiques métier.
Par contre, si une structure telle qu’une bibliothèque choisit un prestataire de service, que celui-ci propose des solutions basées sur des LL ou non ne change pas la dépendance technique qu’une telle relation suscite. A la différence près qu’une solution basée sur des LL aura tendance à respecter au mieux les normes nationales (AFNOR) et internationales (ISO, W3C...) et que par la nature du logiciel libre (code ouvert et modifiable) elle permet à un autre prestataire de prendre le relais si le besoin s’en faisait sentir, tout en conservant le même outil ou en le faisant adapter. Et cette différence est loin d’être négligeable
Après, pour choisir son prestataire, cela dépend aussi de la capacité matérielle, humaine ou financière de la SS2L à répondre aux besoins du client. L’écosystème d’un LL est tel le nombre de d’utilisateurs d’un logiciel libre et celui de ses développeurs sont en corrélation. Et plus il y a de développeurs sur un projet de LL, plus ce projet est dynamique, avance, évolue, se complète et s’adapte aux besoins des utilisateurs. Le problème de PMB est peut-être qu’il ne répond bien à la gestion des ouvrages livres et des périodiques, mais qu’il s’adapte (encore) mal aux fonds d’albums musicaux, de films vidéo ou de CD-ROM. Peut-être n’a-t-il pas atteint son point critique de dévellopement ?
Salut Mathieu,
Aurais-tu le temps de contacter PMB pour les informer de cet article, et leur proposer de se joindre au débat ?
Merci