La liste | L'agenda | L'association | Plan du site | Espace privé
Accueil | Actions | Association | Liens | Technique
Accueil > Actions

DADVSI : Rencontre avec l’attaché parlementaire de notre député

mardi 10 janvier 2006 par Mathieu S.

Le N@utile s’est associé à l’initiative EUCD.INFO pour dénoncer les dangers pour les logiciels libres et l’interopérabilité, ainsi que les risques d’intrusion de sociétés tierces causés par la loi sur les Droits d’Auteurs et Droits Voisins dans la Société d’Information (DADVSI) débattue en ce moment à l’Assemblée Nationale. C’est pour cette raison que le site du n@utile présente un lien vers le site EUCD.INFO en page d’accueil et que nous avons signé la pétition (cherchez le numéro 225 dans les signatures collectives).

Mais nous avons voulu aller un peu plus loin. Après avoir pu profiter des vacances de Noël pour pouvoir lire l’ensemble des comptes-rendus analytiques du débat parlementaire (c’est long mais passionnant et instructif, mais vraiment long), on y découvre que ce projet de loi fait vraiment débat à l’Assemblée Nationale car il est aussi bien soutenu que décrié hors des clivages politiques partisans. C’est donc là que ça se passe. Et comme la bataille n’est pas finie, les vacances ne sont qu’une trêve et les hostilités reprennent le 17 janvier, nous avons voulu rencontrer notre député pour lui demander de nous soutenir dans ce débat parlementaire. Nous avons donc demandé à rencontrer M. Claude Evin (PS), député de la 8ième circonscription de Loire-Atlantique (Saint-Nazaire).

M. Evin étant pris, nous avons été tout de même été reçu par son attaché parlementaire, M. Saupin, à sa permanence de Saint-Nazaire lundi soir. Pour représenter le n@utile, il y avait Sylvain (à l’initiative de la rencontre) et moi-même. On est resté discuter pendant plus d’une heure. Il nous avait clairement signalé avant l’entretien et répété au début de celui-ci que chaque député avait plus ou moins ses domaines de prédilection et que M. Evin connaissait mieux les sujets concernant la santé et que donc il n’avait pas étudié la question des droits d’auteurs et des logiciels libres, laissant ses collègues mieux placés pour le faire. Mais qu’à cela ne tienne, il est tout de même notre représentant à l’Assemblée et on est venu lui demander d’utiliser sa voix en faisant confiance aux députés de son parti politique qui défendent le mieux l’initiative EUCD.INFO, à savoir MM. Patrick Bloche, Christian Paul et Didier Mathus.

Nous avons donc présenté notre point de vue sur ce projet de loi, à savoir qui nous concerne n’est pas le téléchargement ou la licence globale, mais les travers et dangers des mesures techniques de protection des droits d’auteurs, mieux connues sous le sigle anglophone de DRM (Digital Right Management). Ces risques portant sur l’interopérabilité des matériels et logiciels de lecture, échange et production de contenus multimédia, mais aussi portant sur des risques d’intrusion de sociétés extérieures dans la sphère privée. Il a donc fallu expliquer ce qu’est un logiciel libre, sa licence, les modèles de développement et économiques que cela permet, et les avantages intrinsèques qu’ils comportent comme la transparence. Et là, M. Saupin semblait bien intéressé de découvrir les enjeux politiques liés aux logiciels libres, allant jusqu’à sortir du thème de l’entretien pour nous demander d’où vient Linux. Il a alors eu droit à la petite histoire de Stallman et Torvald en un condensé de 30 secondes 3/4.

Et de notre côté, nous en avons profité pour le questionner sur le fonctionnement du Parlement. Il nous a par exemple expliqué que les lois sont d’abord débattues à l’Assemblée Nationale, puis la loi amendée passe au Sénat. A savoir que le Sénat est encore plus dominé par l’UMP que ne l’est l’Assemblée Nationale. S’il n’y a pas d’accord entre les deux chambres, selon la procédure normale la loi repasse à l’Assemblée, puis à nouveau au Sénat, puis à l’Assemblée une dernière fois qui a le dernier mot. Mais on est ici dans une procédure d’urgence, ce qui signifie un seul passage dans chaque chambre avant de créer une commission paritaire mixte comportant des élus de tous les groupes politiques des deux chambres pour trouver un accord final. Mais on n’est pas encore là. Et l’ordre du jour débattu à l’Assemblée (y compris la question du maintient de la procédure d’urgence ou pas) est fixé par le Gouvernement. Les députés n’y ont donc aucune prise.

A la fin de l’entretien, M. Saupin ne s’est pas engagé sur la présence de M. Evin à l’Assemblée lors de la reprise des débat à partir du 17 janvier (mardi prochain) ne connaissant pas son emploi du temps. Nous ne savons donc pas si on obtiendra ce qu’on est venu réclamer, à savoir sa participation aux votes des amendements. On le saura bien en direct en suivant les débats de l’Assemblée sur Internet ou la Chaîne Parlementaire (LCP). Mais toujours est-il que nous n’avons pas perdu notre temps à expliquer la philosophie, les enjeux et les intérêts du Logiciel Libre à un attaché parlementaire de député national car cela pourra nous (et lui) resservir indirectement.



Forum

No Software Patents
Site réalisé avec SPIP
Ce site est hébergé par Ouvaton
Libérez-vous
Utilisez Firefox!
Utilisez Thunderbird