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Y A T’IL UN PILOTE DANS LA LOCOMOTIVE ?

mercredi 19 mai 2004 par pierrO

Je profite de l’ouverture de SPIP pour écrire un article un peu plus long que ce que je me serais permit sur la liste.

C’est une phrase de Lucien qui m’a interpellée : "la création d’une asso quel qu’elle soit le but c’est l’initiative que de quelques personnes et ces elles qui vont être la locomotive des actions engagées !!!!"

Ce constat est on ne peut plus fondé, et pourtant, je voudrais que nous y réfléchissions, car il illustre un problème récurrent dans la vie associative. Effectivement, la plupart des associations se forment autour d’un groupe de personnes motivées, quand il ne s’agit pas tout simplement d’un leader charismatique. Ces hommes à tout faire investissent toutes leur énergie, leur talent pour que se lance une dynamique d’action.

Ces gens sont de bonne foie, et leur travail est de qualité, à tel point que ces actions finissent par prendre de l’ampleur. Et, c’est à ce moment, qu’on se rend compte que l’investissement personnel ne suffit plus, et qu’il va falloir trouver d’autres bénévoles pour que le beau projet puisse se développer encore plus loin.

Seulement, ces bénévoles ne sont pas les membres fondateurs, ils arrivent avec leurs projets, leurs histoires, etc. Or, on oublie généralement à ce moment de s’interroger sur la place qu’on leur fait en tant qu’acteur du projet associatif. C’est à dire en tant que personnes capables d’infléchir sensiblement la façon d’agir, le sens même du projet.

Si les membres fondateurs ont encore du pouvoir, ils verouillent dans ce cas tous les points de contrôle. Et doivent du coup payer encore plus de leur personnes pour tout faire, laissant aux bénévoles les miettes de l’action (coller des affiches, faire des gâteaux).

Ou l’association devient un terrain de lutte de pouvoir, avec des démissions fracassantes et douloureuses.

Il ne faut pas croire qu’il ne s’agisse que d’une association sur 10 qui se retrouve confrontée à ce problème.

Cela m’amène à vous faire part d’unt travail que je méne actuellement avec 6 autres personnes sous la forme d’une recherche-action sur la vie associative. Depuis 6 mois, nous nous penchons sur la question de comment transformer la vie associative en espace d’éducation au politique. Ou comment faire en sorte que les personnes puissent au travers des associations être des acteurs de transformation sociale.

Or sur 7 personnes, un dirige une association, l’autre vient d’arriver, et le 3° c’est moi et je suis à la fois au commencement de n@utile, et pas encore impliqué dans l’association dont je suis salarié depuis 3 mois.

Les 4 autres ont présentés dans les associations dans lesquelles ils travaillent une problématique analogue. Le(s) membre fondateur refuse que de nouveaux acteurs interrogent le sens du projet associatif. En conséquence de quoi, on fait du supermarché de l’activité, on s’enferme dans des non-dits, des bruits de couloirs, on crée des usagers assistés qui ne sont plus moteurs pour faire avencer la locomotive. Et on fait courir aux personnes le risque de faire des dépressions, de se dévaloriser etc.

Alors faut-il tenir compte de ça quand on crée une association, ou est-ce qu’on attend en croisant les doigts pour que ce moment arrive le plus tard possible ? C’est sur ça ressemble à de la masturbation intellectuelle au sens d’une partie de plaisir qui ne produit rien. Moi, tant qu’il y a du plaisir ça ne me gêne pas :)

Mais je ne crois pas que ce soit à fond perdu. Ce qui pensent ça sont des gens qui pensent qu’il existe des solutions, et qu’il suffit juste de trouver la bonne pour que ça marche. Alors évidemment, quand on ne propose pas de solution, ça fait peur. Je crois que ça fait peur surtout parce que pour définir des problèmes, il faut prendre le risque de parler de soi, de comment on vit les choses dans ses tripes.

Donc avant de trouver la solution, peut-être est-ce qu’on doit s’écouter, observer ensemble la réalité de notre action et voir ce qui pose problème.

Et de mon point de vue, c’est à propos de l’action que nous avons un(des) problèmes. En effet, c’est devenu un leitmotiv dans les courriers, tout le monde appelle à l’action, mais depuis Trignac, nous n’avons pas réussi à faire quelque chose ensemble.

POURQUOI ?

A cause des statuts ?

Parce qu’il nous faut un local ?

Je pense que les raisons sont plus profondes.

Alors, qui sera le courageux qui proposera un projet et qui fera tout pour que les autres y adhèrent sans attendre une quelconque validation des fondateurs ?

Ces personnes rendront là un très, un immense service à n@utile :)



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