La liste | L'agenda | L'association | Plan du site | Espace privé
Accueil | Actions | Association | Liens | Technique
Accueil > Liens

un mouvement social à l’ère du numérique

version allégée d’un autre compte-rendu sur une conférence à l’Université de Yale en avril 2006,
lundi 2 octobre 2006 par Perky II

Salut La compagnie, ;-)

Allez, ma petite participation sur un compte rendu que je trouve enthousiasmant.

La prise de conscience de l’émergence d’un nouveau mouvement social. (Yes !) Bon, le texte intégral sur le site de Samizdat, ci-dessous une version allégée par mes soins pour que tout le monde en profite.

Voir en ligne : samizdat.net

L’accès aux connaissances est une question de développement économique, mais aussi une question de participation individuelle et de liberté humaine.

L’accès aux connaissances concerne évidement la question de la propriété intellectuelle, mais il va bien au delà.

Les industries basées sur la gestion de propriété intellectuelle ont détourné les messages de la Déclaration Universelles des Droits de l’Homme par une interprétation restrictive.

Article 27 de la DUDH :
- Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et bienfaits qui en résultent.
- Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l’auteur.

La conception que les industries aussi diverses que la pharmacie, l’électronique et Hollywood seraient des "industries de la propriété intellectuelle" date seulement des années 80.

Il est possible de faire machine arrière, comme nous l’ont montré les mouvements de malades du Sida et les exceptions qu’ils ont obtenu à Doha.

La mobilisation des scientifiques pour la libre-publication des articles et pour la mise à disposition des données fondamentales (comme celles du décryptage du génome humain) marque de nouvelles alliances dans la construction d’un mouvement large et ouvert.

Les nouvelles pratiques basées sur la connaissance (comme Wikipedia) et la radicalisation du mouvement des logiciels libres (qui construit l’opposition aux brevetage des algorithmes) sont symptomatiques.

Sommaire Sur les connaissances traditionnelles.

Les connaissances traditionnelles ne sont pas un "patrimoine", car elles sont renouvelées et enrichies à chaque génération. Cela doit conduire à la mise en place de stratégies construisant un réel échange entre les communautés et le marché mondial. On ne peut donc appliquer une solution unique à toutes les situations. Le modèle différencié des Creative commons (plusieurs licences sous un même chapeau juridique) peut être une source d’inspiration pour une telle politique adaptée aux divers statuts et questions.

Sommaire Sur l’Internet à deux vitesses.

D’une part des applications et des utilisateurs premium paieront pour un débit suffisant, alors que l’on pourra bloquer les sites qui dérangent. Le débat actuel entre les Fournisseurs d’accès et Google lui semble significatif : partant du besoin du numéro un des moteurs de recherche d’un accès rapide, les prestataires de réseau entendent lui faire payer l’usage de bande passante... Cette stratégie assortie de menaces sur un traitement différencié inverse, vise l’offreur et devrait rester indifférente à l’usager... mais insidieusement tendrait à augmenter la concentration des sites dans les mains de ceux qui peuvent payer pour ces accès à grande vitesse.

Sommaire Le rôle des bibliothèques.

Aucun berceau de démocratie n’est plus fertile que la bibliothèque publique gratuite, cette république des lettres, où ni le rang, ni la fonction, ni la fortune ne font l’objet de la moindre considération. Les bibliothèques en libre-accès sont, à mon avis, les institutions les plus à même d’aider à l’émancipation du plus grand nombre, parce qu’elles ne donnent rien pour rien. Elles aident simplement ceux qui s’aident eux-mêmes.

La littérature scientifique vise à accroître son lectorat pour obtenir un meilleur taux de citations. On comprend difficilement le faible taux d’articles auto-archivés (environ 5% de la littérature) alors que les citations de ces articles sont plus importantes. Une question centrale pour le mouvement d’accès aux connaissances devient alors d’organiser la conviction auprès des chercheurs, mais aussi de faciliter l’installation d’archives institutionnelles et de rendre obligatoire le dépôt des articles rendant compte de recherches financées sur fonds publics.

Sommaire Sur une approche économique.

C’est l’approche de Eric Von Hippel qui fit le plus sensation. Bien connu pour sa démonstration de la force des innovations ascendantes qui procèdent des usagers plutôt que des services de R&D, Eric Von Hippel a voulu poser la question des pratiques de protection de leur savoir-faire par les grands chefs français. D’une étude empirique et théorique, son équipe au MIT a repéré trois normes sociales que s’appliquent entre eux les chefs cuisiniers :

- Les grands chefs estiment que d’autres ne viendront pas copier directement leurs recettes
- Ils savent que les autres chefs auxquels ils auront donné des recettes n’iront pas les redistribuer sans un accord explicite
- Enfin, les règles de leur milieu exigent que chacun remercie un chef qui aurait donné une information en le citant. Dans le milieu très particulier des chefs de grands restaurants, ces normes sociales permettent aux grands chefs de répondre aux questions, de prendre des apprentis, de publier des recettes,... Dans ce secteur spécifique, les normes sociales du groupe concerné sont bien plus efficaces que des règles de propriété intellectuelle.

Sommaire L’économie politique de la connaissance

C’est avec un fort accent d’optimisme qu’est intervenue Pamela Samuelson. Juriste très respectée, à l’origine des prises de position de l’ACM - American Computing Machinery en faveur des logiciels libres ou de la libre circulation des données, Pamela Samuelson nous a rappelé les principales questions qui ont jalonné les années 90 et souligné les points marqués par les défenseurs du libre accès au savoir.

Considérant que la meilleure défense est l’attaque, elle pense que la notion d’accès aux connaissances offre le meilleur cadre conceptuel pour la période qui s’ouvre.

Quand s’installe une société de la connaissance, les questions de partage des savoirs, d’accès aux ressources informationnelles et scientifiques, et d’infrastructure pour la connaissance (de l’école et l’université jusqu’à l’extension de réseaux neutres, normalisés et ouverts) deviennent des questions centrales dans la géopolitique mondiale.

Il est bon que la société civile puisse faire émerger ses propres points de vue et définisse une autre manière d’aborder la mondialisation. En montrant que partage, échange non-marchand, équité, interopérabilité et intelligence coopérative sont bien plus efficaces pour instaurer des droits fondamentaux pour tous et toutes : le droit à l’information, le droit à l’éducation, le droit à la sécurité alimentaire, le droit à la santé publique...



Forum

No Software Patents
Site réalisé avec SPIP
Ce site est hébergé par Ouvaton
Libérez-vous
Utilisez Firefox!
Utilisez Thunderbird